Centre Inter-universitaire d'Arbitrage, de Médiation et d'Expertise (CIAMEX)

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Michel de l'Hospital

 

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Jeudi 24 février 2005

La transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître : C. civ., art.  2044. Définition reprise par la jurisprudence : Cass. com., 7 oct. 1981 : Bull. civ. II, no 180 ; v. aussi : paragraphe 1 de l’annexe de la Circulaire du 6 février 1995, relative au développement du recours à la transaction pour régler amiablement les conflits, JO du 15 février 1995.

 

La transaction est régie par les articles 2044 à 2058 du code civil. Des textes épars complètent ce dispositif, à l’instar de l’article 1441-4 du NCPC, relatif à l’homologation judiciaire de la transaction. Elle occupe l’ensemble des champs disciplinaires juridiques (droit civil, droit du travail, droit administratif, droit pénal, droit fiscal), mais quel que soit son domaine d’intervention, elle reste une technique civiliste.

 

L’Etat lui-même invite les administrations à recourir à la transaction aux fins d'éviter la saisine des juridictions et de limiter l’encombrement des greffes, dans le souci de « faciliter le règlement rapide des litiges, tout en permettant une gestion économe des deniers publics et un allègement de la charge de travail des juridictions ». On relèvera, non sans malice, que l’Etat suggère à ses administrations de recourir à la transaction « dans tous les cas où, compte tenu des circonstances de fait et de droit, il apparaît clairement que l'Etat a causé un préjudice et doit l'indemniser". On peut légitimement se demander si cette incitation ne sert pas simplement à lutter contre une pratique trop classique qui tendrait à s’assimiler à de la résistance abusive…

 

Sont concernées aussi bien les questions de responsabilité du fait des accidents (circulation) que celles relevant du domaine contractuel. Dans ces hypothèses, la transaction présente un caractère de droit public, nonobstant le fait qu’elle est régie par le Code civil (Pour des transactions relatives à des marchés de travaux publics : CE, 23 octobre 1970, Rec., p. 617. L’approche est identique pour les transactions intervenant dans le domaine  des dommages de travaux publics : CE, 5 mai 1971, Rec., p. 326).

Jeudi 24 février 2005

Les professions juridiques doivent incontestablement prendre en compte l’efficience des modes alternatifs de résolution des litiges (MARL) qui se révèlent mieux adaptés à l'environnement économique des affaires. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur la position des professions d’avocat et du notariat qui, depuis plusieurs années, prônent ouvertement le développement des MARL.

 

De leur côté, les pouvoirs publics manifestent régulièrement leur intérêt pour ces pratiques. On notera particulièrement le travail réalisé par un groupe d’universitaires dans le cadre de l’élaboration du rapport GIP Justice de 2001 (Les modes alternatifs de règlement des conflits : un objet nouveau dans le discours des juristes français ?, par Marie-Claire RIVIER, Pascal ANCEL, Gérard BLANC, Marianne COTTIN, Olivier GOUT, Xavier HAUBRY, Latékoué LAWSON-BODY, Jean-Louis POURRET, Isabelle SAYN, CERCRID, mai 2001) :

 

L’image des modes alternatifs de règlement que présente aujourd’hui le discours doctrinal est celle d’un objet qui n’est plus guère discuté dans son principe, ce que manifeste le caractère technique des propos tenus. L’heure n’est pas au débat théorique, et nombre de points sont considérés comme acquis : l’origine anglo-saxonne des MARC, leur adéquation avec la vision d’une société privilégiant le consensus, le dialogue, l’accord, le lien avec le constat d’une situation de crise (de la justice, de l’arbitrage, du droit, de la régulation sociale), la nécessité de redéfinir les instruments d’analyse et de classification, en proportion de l’intérêt qu’ils suscitent. Les modes alternatifs cessent d’être un objet de curiosité, ils trouvent une place privilégiée dans la description de la gestion juridique des conflits. La faveur dont ils font l’objet leur confère une “ normalité ” qui, bien que parfois vue comme un affaiblissement de la “ normativité ” du droit, semble bien considérée comme un phénomène irréversible. Par le recours aux néologismes utilisés pour décrire ou expliquer l’état actuel du droit (responsabilisation, contractualisation, privatisation, procéduralisation), le discours des juristes inscrit le mouvement dans le cadre plus général d’une évolution politique et sociale. Chaque branche du droit a introduit le thème des MARC dans un fond de préoccupations “ classiques ” : l’intérêt des recours préalables et du pré-contentieux en droit public ; la recherche de l’efficacité de la justice pénale en termes de “ réponses ” à une attente du corps social , les mérites de la transaction comme mécanismes d’éviction du procès en droit du travail, mais aussi en droit administratif; l’encadrement le plus “ informel ” possible pour le traitement des contentieux économiques, sans réelle concurrence avec l’arbitrage - phase amiable et phase arbitrale organisant leur éventuelle articulation - ; la gestion des conflits familiaux plus “ douce ” et plus en adéquation avec l’importance prise par les standards en droit de la famille, mais aussi moins lourde pour le juge. Faire preuve à l’égard de ces processus d’une réticence, ou d’une méfiance “ de principe ”, mettre en doute leur réelle nouveauté, ou s’interroger sur leur aptitude à constituer un progrès de “ l’Etat de droit ” n’est pas ou plus, pour l’heure, de mise.

 

 

 

Jeudi 24 février 2005

Le CIAMEX est un Centre d'arbitrage, de Médiation et d'Expertise en cours de création. Ses fondateurs lui ont assigné les objectifs suivants :

1/ maintenir à un haut niveau de qualité de développer les pratiques de l'arbitrage, de la médiation, de la conciliation et de l’expertise

2/ assister ses membres dans l'exercice de leurs fonctions d'experts, de conciliateurs de médiateurs et d'arbitres

3/ favoriser la formation et l'information en matière d'expertise et d'arbitrage et, plus généralement, dans les domaines des règlements alternatifs des litiges

www.arbitrage.fr

 

 

par Didier VALETTE publié dans : CIAMEX
 

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